Ma Vie De Hippy

2015 - LP
Description : Les mésaventures de Costes, hippy dans les annees 70
Détails : Eretic - Discogs
Extraits : Youtube - Deezer


L’inventeur de la pop-noise made in France a sorti le meilleur disque sur les seventies de tous les temps.

Costes est un artiste underground protéiforme : écrivain, cinéaste, dessinateur, performer et surtout, musicien. Ses morceaux sont basés sur des mélodies pop minimalistes, puis sont ensuite plus ou moins déconstruits et perturbés par un chant qui oscille entre chanté, parlé et braillé. Le résultat obtenu est une sorte de chansonnette bruitiste aux paroles explicites, et aux ambiances toujours très variées. Depuis le milieu des années 80, il a produit plus d’une centaine de productions musicales tous supports confondus.

Ma Vie De Hippy relate ses mésaventures dans les psychédéliques années 70, et même si on sait toujours à peu près à quoi s’attendre avec Costes, on reste tout de même chaque fois surpris par l’intensité de ses créations. Seventies obligent, le disque comporte une plus grande présence de guitares, et même de quelques solos, mais la voix de Costes reste dans ce registre saturé si caractéristique. « Les jolies hippies sont des vieilles junkies. J’ai plus de cheveux, j’ai plus de dents. » ironise d’emblée le morceau d’ouverture Les Beatles Sont Morts, et lance le ton de l’album : drôle, trash et tragique. D’un bad trip extravaguant à une loufoquerie de flippé, la came monte au cerveau de Costes pour notre plus grand plaisir : « Un éléphant m’encule et je suce un cobra. » De Bombay, on s’envole vers le Maroc, puis ensuite pour la Colombie. Du LSD au shit, du shit à la coke, Costes va immanquablement rater tous ses business de drogué. Le Blues De Jimmy invoque un Hendrix défoncé et hystérique sur une composition bruitiste à l’ancienne : les enculés d’industriels apprécieront. Costes cultive ce talent du propos totalement décalé mais qui sent bon la poésie extrême et second degré dont lui seul a le secret : « Je vomis dans les chiottes turques plein de merdes d’hindous. » Sur un fond d’électronique vaguement transe, Enculé À Ceylan est digne de ses meilleures saynètes musicales et s’écoute sans vaseline. Caca Trip est un délire totalement convulsif, encore un monologue noise comme lui seul sait le faire. Après les balbutiements sexuels de la Première Boum, Costes raconte l’amour libre dans On S’Encule En 69, et peut enfin jouir de tout son soûl. Le synthé low-fi à la mélodie dark de Idéologie Satanique est contrebalancé par un texte anéantissant l’idéologie du Flower Power ; le constat est rude mais pertinent : « Où est le monde meilleur que vous nous promettiez ? » Sur Hippy Avec Un Fusil, Costes poursuit sa réflexion lucide de cette époque sur un piano entraînant : « Ce qui était chiant avec les hippies, c’était la zone, c’était la drogue, le pacifisme à deux balles et le communisme à la con. Ce qui était bien avec les hippies, c’était merde à l’état, merde au progrès, merde aux objets, tout quitter, se démerder et s’aimer. » Ce touchant morceau évolue en une forme de parabole sur son propre parcours, et symbolise l’exemple parfait de cette nouvelle forme de variété aux paroles crues et dont il est l’unique dépositaire. A noter les deux titres de fin des faces du vinyle qui ramènent le pédé-drogué Costes à l’âge de 20 ans, dans deux sketchs où il est mis à mal par ses parents. Ces récits hautement fantaisistes, mais que l’on imagine en partie autobiographiques, sont récurrents dans l’univers Costien et restent à chaque écoute extraordinairement jubilatoires.

Certes, écouter du Costes ne laisse pas insensible, et toutes les oreilles ne sont pas faites pour son art si singulier. Mais, il y a vraiment dans ce disque un peu tout ce qui fait son style, autant musicalement qu’au niveau des textes. Alors, si votre cœur est bien accroché, laissez-vous tenter par cette aventure sonore peu commune, vous en sortirez grandis et lavés de tous vos péchés.

Auteur : Cyril Adam
Site Sun Burns Out

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Je vais vous demander de bien vous tenir à vos accoudoirs, car avec l’album dont je vais vous parler on est très loin de la putasserie pas chère des rappeurs à la mode, on est très loin des carnets de voyage de la bégueule Julie Andrieu, on est très loin aussi de l’électro pop sirupeuse qui me court dans la cochlée contre mon gré, on est très loin tout court. Mais très ancré dans le réel. Car quoi de plus romancé qu’une histoire sinon le réel. Oui, le réel va plus loin que l’imaginaire car le réel est tellement viril qu’on se sent obligé de l’édulcorer quand on le raconte. Mais Jean-Louis Costes n’est pas de l’aspartame, non. Il raconte le vrai, le coup de braquemart bien raide. Alors quand l’artiste aux mille facettes (auteur, chanteur, musicien, dessinateur, performeur…) qui ne scintillent pas de mille éclats nous raconte sa vie de hippy dans son dernier album seulement sorti en vinyle pour plus de craquements, on ne s’attend pas à des histoires à l’eau de rose à propos de trips hallucinatoires gentillets au Club Med de Goa. Ça, vous le faites déjà assez sur vos comptes Instagram.

Dans le DIY, Jean-Louis Costes se pose là. Tout fait maison, de l’enregistrement au mastering et ça s’entend. Si l’album est sorti en vinyle pour cracher encore mieux, c’est peut-être en cassette audio dans ma voiture pourrave que j’aimerais l’écouter, fenêtre et volume ouverts à fond, comme j’aime le faire sur les Bérus par exemple en criant ma joie au monde : « Bad tripes à Bombay ! Bad tripes à Bombay ! » où tu concentres à mort, la chiasse au bout du tuyau. Et ici on se retient pour 15 chansons relativement courtes, entre 1’11 et 3’30. Dans un excès de saturation, de hurlements où il « en a rien à foutre de la musique » pris dans un vrai Blues Noir qui n’en à rien à foutre de jouer le « Blues de Jimmy » pour un palanquée de petits bourgeois. Le trip de Jean-Louis passe outre les styles et nous emmène de Bombay à la Colombie, en passant par Ceylan et le Maroc au gré de la drogue car la coke ça rapporte plus que le shit. Ça fume du kiff à Ketama, il devient le roi de la coco en Amazonie, et tout ça avec des délires pornos dans tous les sens où « on s’encule en 69 », car en 1969, tout est beau, tout est neuf avec sa liberté de baiser où l’on évoque les MST et le Sida à venir.

Les icônes des 60 et 70’s y passent et y prennent pour leur grade, les Beatles qui sont morts, Janis Joplin qui incite à se droguer, Jimmy Hendrix qui meurt en Noir, les Rolling Stones qui sont déjà des momies. La merde y a bonne place aussi comme dans le « cacatrip », diatribe contre le LSD dans un bad trip de feu où on chie sur un chat noyé dans la chiasse quand les parents rentrent de l’église, le salon plein de merde et où le narrateur finit à l’hôpital. Il y a un gros fond de social derrière tous les propos pouvant paraître outrancier de Jean-Louis Costes. Il nous parle de cette société figée des années 60, proprette devant mais bien déglinguée (du) derrière où « la France cool des années 60 est rackettée par la racaille » et où le présent est moins bien que le passé et où le futur sera pire que le présent, propos bien réac’ juste avant un solo de guitare vintage. Le jeune Costes en avait marre de ce monde merde et souhaitait crever en écoutant un dernier Led Zeppelin, Pink Floyd. Pour nos jeunes contemporains goinfrés aux Booba, Maître Gims et autres chienlits boostées à l’autotune, les paroles de Costes devraient les réjouir, mais non, on ne l’entend pas le Jean-Louis, les merdia nous abreuvant de leur chiasse continue politiquement correcte. En même temps, si le pape underground Costes sort ses CD à la chaîne et dans son coin, c’est qu’il les emmerde bien à fond, les médias. Costes a son public. Comme Booba, qui est, oui, politiquement correct, dans un monde de merde. Aussi Maître Gims arrive 24ème au Top des chansons passées à la radio en 2015 avec son basique de bazar « Est-ce que tu m’aimes ? » selon le rapport Yacast. Alors, oui je préfère l’amour et le cul à la dure façon Costes qui en parle pour de vrai, sous toutes ses formes. Quand il nous parle sur une musique naïve de sa « première boum » où il est saoul pour la première fois et avec son premier joint et sa première baise avec du sang sur sa bite. Ben quoi ? C’est vrai, ça.

Les rapports intergénérationnels marquent aussi « ma vie de hippy » et montre comment les parents de l’époque sont confrontés à la nouvelle jeunesse rebelle qui joue du Rolling Stones dans sa chambre, musique qui n’est que bruit de drogués pour sa daronne qui redoute que son fils se shoote. Mais c’est pire du côté du père dans l’incestueux « Mon fils pédé drogué », titre certainement le plus gênant de l’album sur une musique répétitive où l’éducation donnée par la daronne n’aurait servi qu’à faire du fils un pédé. « Je voulais être un hippy », j’ai fini enculé par mon père aurait pu déclarer pour finir Jean-Louis Costes. Il rêvait d’orgies hippies en Amazonie, d’être une star de la guitare sur fond de ciel artificiel. Les hippies ont ouvert les voies de la liberté sexuelle et de la drogue, alors « adieu papa, bonjour la ganga », « adieu l’enfance, bonjour la décadence » mais « tout ça c’était des rêves, des mensonges et de la merde ». Finalement une « idéologie satanique » promue par des gauchistes qui auraient cassé le travail, la famille, la patrie et la religion. La jeunesse pervertie par ces idées est devenue junkie, clocharde et sidaïque.

Un album brutal, un album qui fait mal, qui raconte la désillusion de la jeunesse des Trente Glorieuses. Un album à la musique foutraque mais que chacun devrait écouter et fredonner pour se souvenir que ce n’est ni bien avant, ni maintenant, ni après

Auteur : Yann Landry
Site The Wanton

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Back cover du LP

Le Fantôme d’Archie Shepp

2015 - LP
Description : Enregistrement live piano/voix
Extraits : Disques Charivari


Jean-Louis COSTES est un artiste protéiforme et un performeur incontournable de la scène underground française. Connu de beaucoup mais peu reconnu, il ne cadre avec aucune esthétique existante et n’est finalement légitime dans aucune scène musicale où théâtrale.

Depuis le milieu des années 1980, COSTES a produit une trentaine de K7, plus de soixante CD/CD-R (dont plus de la moitié sont disponibles sur iTunes) ainsi que plusieurs LP. D’une manière générale, ses morceaux sont basés sur des mélodies pop minimalistes, puis sont ensuite plus ou moins déconstruits et perturbés par un chant qui oscille entre chanté, parlé et braillé. Le résultat obtenu est une sorte de chansonnette bruitiste aux paroles explicites et aux ambiances toujours très variées. COSTES a aussi a écrit de nombreux articles, puis ensuite plusieurs livres, il a produit de nombreux dessins et a aussi fait des installations et des expositions. En plus de ses propres films, il a été acteur dans des longs-métrages plus traditionnels, notamment dans Baise-Moi de Virginie DESPENTES et Coralie TRINH THI, Lilith d’OVIDIE et surtout dans Irréversible de Gaspar NOÉ. Enfin, Jean-Louis COSTES reste célébré comme le messie de l’underground pour ses opéras porno-sociaux, ces performances où il y théâtralise à l’extrême son univers.

Après 30 ans de carrière et plus d’une centaine de productions musicales tous supports confondus, est sorti en octobre 2015 son premier disque live : Le Fantôme d’Archie SHEPP.

Structurellement épuré puisque en mode minimaliste piano/voix, et donc très éloigné des compositions pop-noise qui le caractérisent tant, cet album se présente comme une « compilation de ses meilleurs refrains joués sur un piano à queue ». L’analyse de cette sortie va nous permettre d’observer si, dans cette configuration spécifique, COSTES atteint cet objectif maintes fois rêvé : créer une nouvelle forme de variété, aux paroles réalistes et crues.

Le Fantôme d’Archie SHEPP

Édité par les Disques Charivari, ces morceaux proviennent d’un concert organisé aux Instants Chavirés à Montreuil en juin 2014, dans le cadre d’une soirée Chanson Française Dégénérée. En plus de ses nombreux opéras pornos-sociaux, depuis 2008 COSTES fait aussi des concerts plus traditionnels, parfois assisté d’autres musiciens mais très majoritairement seul, et même si cela c’était déjà produit, au sein d’une formation ou en solo, uniquement accompagné d’un piano est malgré tout inédit.

De prime abord, cette vision de COSTES seul au piano peut laisser perplexe. La reproduction sur l’insert du vinyle d’un évènement emblématique du mythe Costien rassurera l’auditeur inquiet. « Ce qui s’est passé en fait, c’était pendant un concert. Je ne sais pas par quelle erreur de programmation j’étais avant Archie SHEPP. Non mais n’importe quoi, mais bon. Et les mecs ont tellement sifflé que j’ai pris le micro, par énervement, j’ai baissé mon froc et je l’ai mis comme ça dans mon cul. Après je remets le truc sur le pied de micro, Archie SHEPP voulait pas monter sur scène parce qu’il avait un micro sale. Là j’avais fait le show hein ! Ça a stoppé le festival. »

Tout en lui procurant son titre, cette anecdote truculente donne en quelque sorte le ton de l’album. Par un vil retour du destin, le revenant du jazzman réapparaîtra d’ailleurs pour se venger de cette humiliation passée. Sur la fin du concert, le fantôme d’Archie SHEPP vient prendre possession du corps de COSTES, pour le malmener avec des délires free-jazz conceptuels autant que pittoresques. À chaque écoute ou visionnage, cette improvisation ubuesque conserve son caractère purement désopilant. Vous l’avez compris, les Costiens qui, à la proposition de ce disque, auront eu une vision de papy Jean-Louis pianotant gentiment ses chansonnettes, vont très vite se rendre compte de leur erreur.

Même simplement armé d’un piano, COSTES dépasse les limites que l’on pourrait attendre d’un tel instrument. Tout d’abord, les arrangements sont mis en avant puisqu’aucune rythmique n’accompagne les morceaux. Cette mise en valeur des mélodies est intéressante car le néophyte pourrait imaginer que COSTES n’est pas spécialement un bon musicien. Or il a étudié le piano classique et le pratique toujours régulièrement. Il a même été organiste à l’église de sa paroisse en 2014, et il y fait encore quelques remplacements occasionnels. Bien sûr lors du concert il y a de l’expérimentation, mais la musicalité de COSTES au piano étonne tout de même par son aisance. Les possibilités d’improvisation liées à l’instrument l’amènent à retrouver la spontanéité de ses plus folles créations de studio, et la simplicité du dispositif met nettement en valeur les paroles. Sa performance vocale conserve quant à elle toute sa singularité : écorchée ou criée, mais aussi plus douce et intériorisée, on est bel et bien dans du style « COSTES ».

Analyse comparative des chansons du disque :

« Lalalalaaaaaa » 
Voilà ce qui donne en premier lieu le charme de cet enregistrement : le fait qu’il reproduise l’intégralité du show, tests micro de cette fausse introduction y compris. La proximité avec l’évènement est palpable dès le départ.
(version piano)

« Enculé En Variété » (Enculé En Variété, 2008) 
« Pourtant c’est vachement romantique de se faire enculer sur de la variété. » : un classique de la chanson française 2.0. Par rapport au titre original, COSTES accentue le côté tragique de la situation en précisant que l’auteur des faits est son père. Hé oui, l’inceste chanté en variété, c’est COSTES qui l’a inventé ! Ce titre prend quoiqu’il en soit une dimension encore plus burlesque dans cette réinterprétation.
(version piano / version originale)

« Montre Moi Ton Zizi » (Enfant Criminel, 2001) 
Cette scénette familiale où pipi et sperme sont de la partie est bien plus développée dans cette version que celle en studio. L’ambiance est à la crise hystérique progressive, et la palette sonore du piano délimite les sentiments et les relations des différents personnages. Grâce au nombre d’intervenants présents dans l’histoire, ce morceau se rapproche d’une certaine manière de l’énergie de ses opéras pornos-sociaux.
(version piano / version originale)

« Démon Dehors » (Enculé En Variété, 2008) 
Originellement plutôt tendu et bizarrement malsain, ce titre a dans cette version un rendu moins obscur que l’originale, mais maintient néanmoins une ambiance insomniaque tout aussi extravagante.
(version piano / version originale)

« La Drogue La Mort La Nuit » (Pas Encore Mort, 1997) 
Chanson culte pour nombre de Costiens qui, à sa première écoute, se sont tout simplement demandé : comment ai-je pu vivre toutes ces années sans connaître ce morceau ? Le texte de ce titre conserve son emprise émotionnelle, mais cette version, à l’interprétation forcément éloignée de la répétitivité aliénante de l’originale, y perd de sa sombre intimité.
(version piano / version originale)

« La Danse Des Crottes » (Aux Chiottes, 1997) 
En mode dessin animé, COSTES donne la vie aux crottes, qui sortent le soir des toilettes pour embêter leurs créateurs. Le comique est le ressort principal de ce type de morceau et, en version live, il évolue très vite dans une digression improvisée et fatalement déjantée.
(version piano / version originale)

« Le Roi M’A Dit » (Les Fées Les Culs Les Tourments, 2007) 
Le texte de ce titre est une sorte de fable déviante assez énigmatique, mais il donne paradoxalement au morceau toute sa saveur. Adapté simplement au piano, la comptine qui en résulte est de plus en plus convulsive et délirante.
(version piano / version originale)

« Quand Viendra La Guerre » (Mes Peurs Et Mes Plaies, 2008)
ntroduit très émotionnellement, c’est finalement des paroles de chanson française que l’on pourrait aisément entendre à la radio qui sont ici mises en avant. Des débordements vocaux belliqueux, qui ne font pas partie de la version studio, agressent ensuite la chanson. Encore une fois, c’est cette configuration théâtrale au piano qui permet à COSTES d’improviser son texte, et de rendre le morceau immanquablement plus vivant.
(version piano / version originale)

« Cloclo » (inédit, 2014)
C’est Claude FRANÇOIS qui a initié COSTES à la musique et, si vous ne le saviez pas, ce titre est là pour en témoigner. Cette chanson très jubilatoire s’emballe rapidement pour enchainer avec le titre éponyme de l’album. Morceau qui n’en est pas vraiment un, puisqu’on assiste en fait à une improvisation surréaliste où, en invoquant le fantôme d’Archie SHEPP, COSTES nous prouve, s’il en était encore besoin, que ses talents de performeur sont toujours hors des limites.
(version piano)

« Seule La Musique » (Nik Ta Race, 2000)
« L’homme est une merde. L’homme est une ordure. Vous savez bien que la méchanceté est partout. Que la folie est partout. Et que la maladie et la mort sont la seule issue à toute cette misère
infernale. » Voici les mots par lesquels commencent ce bilan sociétal implacable. Le texte rattrape le piano. Le piano soutient les paroles. Et le morceau se trouve ainsi magnifié en une complainte humaniste et brute.
(version piano / version originale)

En définitive, ce qui se dégage véritablement de cet album si singulier est un sentiment étrange mais persistant, quant à cette mise en perspective de Jean-Louis COSTES en tant qu’authentique artisan de « chanson française ».

Auteur : Cyril Adam
Webzine Rythmes Croisés

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Back cover du LP

Insert du LP

Fecal Master

2004 - CDR
Description : Tout sur le caca
Détails : Costes - Discogs
Extraits : Costes - Youtube


Shortly after leaving dock on the beautifully crafted sail-boat of wonder that is Fecal Master, the listener is hit with a startling insight. They are forced to realize that their eyes are covered in poop. This awakened spirit now understands that they have never seen the light of day.

However, this journey to awareness only begins after Mr. Jean Louis Costes makes something clear. Every day when Mr. Costes wakes up, he looks at his butt in the mirror and says, “Okay, I'm still the Fecal Master. I'm born Fecal Master and I will die Fecal Master too and it's okay.” Unfortunately, you then learn that he is not exactly “okay” . Being the Fecal Master in the year 2004 is a hard job; it comes with such taxing duties as 1. Finding Sh*t Girl and defeating Pee-Man 2. Speaking semi-broken English with a very overbearing French accent. 3. Telling “girl who listen to my song” that “my email is costes@costes.org please send me an email”. On top of all that comes the doody of having to record samples of yourself yelling about poop, and then having to layer them over other samples of yourself yelling about poop. Being the Fecal Master is no easy task, yet Costes very much chose this role voluntarily. You ask yourself, "Why would a man choose to become the Fecal Master?". Then, as you delve further into the album, you learn Costes is sacrificing himself for the good of mankind.

There is no denying that Costes's 33rd (?) musical endeavour is one that needed to be made. We live in a world filled with easily ignored issues like war, rampant poverty, and global warming. This chaos is only perpetuated by the lamestream media. They never cover issues that really matter, the ones that torment and demoralize peaceful individuals like the Excrement Emperor. One needs only to look at the cover of this album (or view the tracklisting) to see that Costes is a kind-hearted soul. He is a blue-eyed angel desperate for change. He is a man who cares about the state of the world and wants for nothing but peace. Songs such as Media Sh*t tackle the ignorance of news outlets worldwide with a soulful rebel yell. The words “Media sh*t vomit” are luxuriously bellowed in repetition over a course of three minutes, and the listener is led to question the dangling carrot they have been following all their life. “Is this really what the world should be worried about? Are these really the ideals I want to believe in?” they ask themselves. Their thoughts are eased into a armchair made of clouds and are allowed to focus. There, they gently rock back and forth to the music and question the state of humanity. The peacefulness is escalated as Costes sets metaphorical butterflies of freedom free, letting them swoop into the listener's ear canals, “masturbating my butthole...licking my fingers... I don't know why i am love with my sh*t i just dont know why”. It is hard to deny that there is a plethora of things to be extracted from Costes's thoughtful musings. Fortunately, while this confusing enlightenment is taking place, one cannot help feeling like they are at home wearing slippers and drinking tea.

The album relies heavily on Costes's spoken-word brilliance. However, the supporting music has a different and alluring gleam all unto itself. Glistening, heavenly power-electronics and ethereal, twinkling excerpts of static make brief appearances in between masterfully forged synth loops. Just when you are at the edge of your seat, thinking the song has nothing more to offer, Costes performs a devilish pirouette. Instead of yelling in your ear about poop, he yells in your ear about poop with reverberating vocals that are mastered at around 300% the volume of the rest of the track. It's moments that like these that set Costes ahead of the pack; the very competitive crowd that is making modern French feces-related outsider performance art.

This is a hard album to judge. It is defiance at it's brownest and slipperiest. It is simultaneously a cry for help, and a call to arms. It is not something to listen to while you go to the gym, or while you take a poop at the gym. It is a movement that requires that the utmost attention and care. If Beethoven were alive today, one could believe that a movement such as this belonged to him. A movement performed in some back alley. A genius playing privy a select audience of ants. These simpletons have no desire to consume such transcendental art, no way of understanding it, yet need to in order to grow.

This beauty and heartfelt words in this album will render you speechless. It is a journey through treacherous waters burdened with mystical brown logs. When you get to the light at the end of the tunnel, who knows what path you will take. Maybe you will be driven to become the next President of the U.S. Maybe you will reject this humble sensei's teachings and go on a rampage, displacing fecal matter onto every woman and child in sight. Although there are no hard facts concerning the illuminated aftermath, one thing is very true. Costes is indeed the Fecal Master, and we should thank him for it


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La pochette ci-dessus du a été modifiée pour internet.
La version originale est visible sur Discogs et le site de Costes.

Pas Encore Mort

1997 - CDR/LP
Description : Je vais bientôt mourir
Détails : Costes - Discogs
Extraits : Costes - Youtube - Deezer


Le label Nashazphone réédite un disque clairement électronique de Jean-Louis COSTES de 1997, "Pas encore mort". Une électronique qui vire souvent no-wave, surtout sur "Mourons ensemble". On sent bien que Jean-Louis veut toucher cette inconnue de la mort d'encore un peu plus près, et c'est le talent qu'il touche aussi d'encore un peu plus près, un touche à tout qui me surprend moi qui ne le connait vraiment pas très bien. Alors comment faire comme il dit, comment faire avec ce brulot qui remue là où ça va bien. Une remise en question d'une phrase à l'autre, vocale et musicale. Comme pour ce grand voyage comme il dit aussi. Candidat pourquoi pas, même si en live ou sur disque, ce que certains n'auront peut-être pas compris, nous restons toujours spectateurs, spectateur de cette implication, spectateur de certains non dits, qui même vingt ans après résonnent toujours à raison. Je ne le connais pas forcément plus, mais mieux oui, c'est certain. Certain de cet effort en solo, de ce travail, de cet investissement. Je vais surement dire une connerie mais certains titres tels "Rien à ajouter", me font penser à Daniel Darc. Rien à ajouter... Enfin presque.

Auteur : Cyrille Lanoë
Site Revue & Corrigée

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Réédition du CD « Pas encore mort » sorti en 1997, bombe miraculeuse expirée par le terroriste-cadavre Costes sur son lit de mort. Ses phrases terminales affirment toutes les souffrances du monde et putain, ça nous pète complètement le thorax. Mais attendez 2 minutes, connaissez-vous vraiment Jean-Louis Costes ? Même crucifié, écartelé, coupé en morceaux, le mec vit encore. Il bande comme un pendu et éjacule tout ce qu'il peut à la face de la réalité. On en est maintenant certains : Costes ne mourra jamais, Costes est déjà mort. Parce qu'il est un Grand vivant.


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Costes has caused me so much trouble. Even today, 25 years after the last time I performed with him, I still have a hard time booking shows because he has not mellowed as I have and the venues are afraid, because of my past association with him, that there will be piss, shit, violence, genitalia, racial tension, cops, etc.
Costes has caused himself so much trouble. He’s been taken to court five times over his art, received countless death threats. When’s the last time you can think of that art has been taken so seriously… as a life and death matter? And he perseveres. I think Costes is extraordinary. He ostentatiously thumbs not only his nose, but every single body part external and internal, at any authority there is.
"Pas Encore Mort", a re-release of a 1997 CD, is uncharacteristically introspective, pretty, and sad. It is unsettling to see the man behind the gross warrior exposed, vulnerable, alone. I love and hate this album.

Auteur : Lisa Carver

No Sex Boy

1994 - CD avec Toshiyuki Hiraoka
Description : Couper ma queue
Détails : Costes - Discogs
Extraits : Costes - Youtube


Fans of Lydia Lunch & Teenage Jesus & the Jerks are definitely going to love this one. A unique blend of instruments, sounds, samples, & screams. This is definitely artistic freedom at its best. With songs like "Born with a cock", "From cunts to cocks", "Swallow your Sperm" etc...Those that are closed minded or easily offended by explicit lyrics I'll warn you now this probably is not your cup of tea. But force yourself anyway, it’s worth the experience.

Archive Costes

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One day I was surfing the Net looking for some nude pictures of Lisa Suckdog (don't ask where my fascination for her came from) and along the way I stumbled upon an interesting web site for this French guy Costes. My attention span being what it is, I found myself immediately distracted by this amazing frog who releases CDs almost as fast as Wesley Willis. I quickly decided to E-mail Mr. Costes, figuring that at the worst I would be told to go to hell and at the most I might score a free CD out of the deal. Two weeks later, my package from France arrives. Inside were three Costes CDs; Jap Jew, No Sex Boy (with Toshi Hiraoka) and The End of the Trail. All three are abrasive, angry, psychotic & atonal, pure, unadulterated genius.
“No Sex Boy” is a sexual odyssey with Toshi Hirakoa as copilot. With oddball crashes and sound loops, “No Sex Boy” is more on the level of a stripped down Einsturzende Neubauten with a karoke twist (if you can picture that) than an experimental noise marriage. The dog and cat angle and it's parallels to Mom and Dad's half-hearted couplings on the songs "Dog Shit / Cat Pee, Dog Dicks" and "Cat Cunts & Kitty Pussy" are both funny and scary. There isn't a parental advisory sticker big enough for this CD.

Archive Costes

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The Sly-Wandering Vagrant was headed to Europe, so I encouraged him to hunt down Costes to see if he was still alive. It's been four years since he soiled our soil, and he was found in his usual haunted hole, and evidence was procured. It seems Costes has been making excursions into the Orient, waving his oui-wee about the japanese.
"No Sex Boy", however, is as filthy in his paroxismal impiety, as Costes out-Herod's Herod in a nonsen-sexual obduration w/ the help of slant eyed ally Toshi Hiraoka. Thet will sleep on a tiger-bed in Hell for this one...Some favorite song titles include "(Be Bop) Boy Boo", "I'm in your cunt", "Cut my dick" and "The last fuck". A real charmer...both are disgustingly entertaining as per usual, if you think Costes is all noise and bosh, think again. He concocts his crap with a keen alchemy craftsmanship to prendre la lunacy avec les dents like a tortured arteur trapped in a toilet infested world, performing w/o a spotlight or a net for a few appreciative weirdos in the resistance...We'd like to present him the Croix De Diablerie for his efforts. Ardently recommended, apes.

Archive Costes

Jap Jew

1994 - CD
Description : Fantasmes Japonais
Détails : Costes - Discogs
Extraits : Costes


Ça s’appelle « Jap Jew », Juif Japonais. Les Japonais sont des Juifs au sens où je les agresse d’une manière nazie… J’accuse… Enfin, c’est le raisonnement parce que je n’ai jamais fait ça en anglais, justement. Toucher au truc raciste ou social en anglais parce que je ne connais pas bien la société anglaise ou américaine. Je ne ressens pas trop leur notion raciste vis-à-vis des noirs. Je ne comprends pas bien. Je comprends mieux le trip français contre les arabes. Je suis plus dans cette société-là. Donc, je n’avais jamais vraiment touché au truc politique, politique-raciste. J’avais envie de faire le CD politique-raciste, mélange cul-racisme mais en anglais. Je cherchais un sujet international, enfin, au-moins un racisme que je pouvais comprendre c’est celui des Américains pour les Japonais parce que cette image qu’on te donne des Japonais, envahisseurs économiques… Enfin, la guerre économique, qu’ils sont en train de nous bouffer, le péril jaune, la Chine va s’éveiller etc. On a une idée comme ça. On en est plus ou moins persuadé. Finalement, il y a un racisme anti-japonais assez semblable au racisme anti-juifs. J’ai développé cette idée-là. Comme quoi ils accroîtraient leur puissance financière en rachetant tout. Tout ce type de préjugés qu’il y a contre les Japonais, aux Etats-Unis et aussi en France. Comme ça j’ai pu faire un CD qui soit compris aux Etats-Unis parce que je pouvais partager avec eux cette peur. En même temps, c’est un CD qui peut bien se vendre au Japon. J’ai fait quelques titres en japonais dessus. La Japonais, quand on les agresse comme ça, ça les éclate en fait. Ils sont étonnés de se faire insulter, comme ça, par un mec.

Auteur : Jean-Louis Costes
Fanzine Amphetamines

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One day I was surfing the Net looking for some nude pictures of Lisa Suckdog (don't ask where my fascination for her came from) and along the way I stumbled upon an interesting web site for this French guy Costes. My attention span being what it is, I found myself immediately distracted by this amazing frog who releases CDs almost as fast as Wesley Willis. I quickly decided to E-mail Mr. Costes, figuring that at the worst I would be told to go to hell and at the most I might score a free CD out of the deal. Two weeks later, my package from France arrives. Inside were three Costes CDs; Jap Jew, No Sex Boy (with Toshi Hiraoka) and The End of the Trail. All three are abrasive, angry, psychotic & atonal, pure, unadulterated genius.
“Jap Jew” is an entire album's worth of xenophobic rants whose thesis states Japs now own everything (including the Jews) and they are the proprietors to be despised on this occasion. Costes' outrage is barely contained and bile oozes from the speakers at all times. When the litany of Jap-made vehicles is recited, you almost want to drive your Toyota over a cliff in a fit of blind jingoistic pride and allegiance to the Costes cause.
But then again, it might also be healthy to remind you of the all the wonderful French made cars I'll even list them for you. You know what? There are no well made French cars. The only French car I can think of would be the Renault and they're barely better than Yugos. Yes, Japs own everything but not your government, so at this point, I wouldn't sweat anything until they stop printing your stereo instructions in your native language. On the other hand, Costes' paranoia makes for some great music.

Archive Costes

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The Sly-Wandering Vagrant was headed to Europe, so I encouraged him to hunt down Costes to see if he was still alive. It's been four years since he soiled our soil, and he was found in his usual haunted hole, and evidence was procured. It seems Costes has been making excursions into the Orient, waving his oui-wee about the japanese.
"Jap Jew" is racist spew of corporate conspiracy theories some may dismiss because Japan has no real army and GATT changed the free-trade stakes, but never underestimate the yakuza (if you are to believe they are behind the Oklahoma City bombing). Obviously Costes has been playing too many youth corrupting video games (the real battle zone is in our mental states) and the koopas have messed with his already sketchy mind and so his new bete noire is the Japs. The first track, "Jap Pot", for example, consists of blasts and bleeps to make Blip McPong proud as the body count rises...and in the end, Costes insidiously awards himself the "all-times highest score - 1,000,00 dead Japs!" It goes on from there with a barrage of mega-byte boners, graphic graphics, geisha mockery, threats, laughs, insults and onslaughts aimed at the ennemy techmakers. Costes is rabid in his denouncement of the Far East's industry wizardry, and like Gaul Revere, yelling about the yellow stain while riding yoshi with a french tickler. Perhaps his most offensive, degrading, violent, loudest moments yet, he takes out wimpy, talentless Masonna-noise merely by the gaseous flex of his raging buttocks.

Archive Costes

Terminator Moule

1992 - CD/CDR
Description : Anti-femme
Détails : Costes - Discogs
Extraits : Costes - Youtube - Deezer


Costes à sorti Terminator Moule, qui a été vendu à la FNAC pendant quelques mois avant d’être interdit par la direction. Terminator Moule c’était du concentré de frustrations, truffé de cris de détresse. Après avoir exhorté les hommes à massacrer les femelles vampires, il les renvoyait à leur néant affectif. A pleurer de rire.

Auteur : Lionel Tran
Fanzine Jade

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La pochette ci-dessus du a été modifiée pour internet.
La version originale est visible sur Discogs ou le site de Costes.